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Comment vérifier l'intégrité d'une archive photo, et quoi faire quand ça échoue

Mener une campagne de vérification, choisir entre échantillon et exhaustif, et l'arbre de décision quand une empreinte ne correspond plus.

Préservation

La vérification n’est pas un bouton, c’est une campagne

Vérifier une archive consiste à recalculer les empreintes des fichiers et à les comparer à celles enregistrées à l’entrée. L’opération est simple ; ce qui demande une méthode, c’est de la mener sur un fonds réel, où lire 15 To depuis un disque externe prend des heures.

D’où la notion de campagne : un périmètre, une date, un résultat consigné. Une vérification sans trace écrite ne vaut rien, parce que vous ne saurez pas dans un an ce qui a été contrôlé.

Exhaustif ou par échantillon

Exhaustif : tous les fichiers. Seule façon d’affirmer que le fonds entier est sain. Coûteux en temps et en lecture disque. Raisonnable une fois par an, ou après un déménagement, un changement de matériel, un incident électrique.

Par échantillon : un tirage aléatoire, par exemple 5 % du fonds, avec priorité aux lots les plus anciennement vérifiés. Ne prouve rien sur un fichier donné, mais détecte une dégradation systémique — un disque qui commence à lâcher se manifeste statistiquement. Rythme trimestriel ou mensuel.

La combinaison qui fonctionne : échantillon fréquent pour la détection précoce, exhaustif annuel pour l’affirmation.

Les trois verdicts, dont un qu’on oublie

  1. Vérifié. Empreinte recalculée identique.
  2. Échec. Empreinte différente. Le fichier a changé.
  3. Non vérifiable. Le fichier est illisible, absent, le volume n’est pas monté, la lecture a été interrompue.

Le troisième cas est celui qui pose problème, parce que beaucoup d’outils le traitent comme un simple « à refaire » et n’en gardent pas trace. C’est une erreur : un fichier qu’on n’a pas pu lire est un signal, souvent le premier signe d’un disque en fin de vie. Il doit apparaître au rapport, distinct d’un succès comme d’un échec.

Corollaire : n’actualisez la date de dernier contrôle qu’après un succès. Sinon un échec est effacé par la tentative suivante.

L’arbre de décision quand une empreinte ne correspond plus

D’abord, ne rien écraser. Le réflexe de « restaurer depuis la sauvegarde » avant diagnostic peut propager le problème dans l’autre sens.

  1. Le fichier a-t-il été modifié légitimement ? Une écriture de métadonnées dans le fichier change ses octets, donc son empreinte. Si votre outil écrit en interne, l’empreinte doit avoir été mise à jour au même moment. Vérifiez cette hypothèse en premier : c’est la cause la plus fréquente des faux positifs.
  2. Sinon, comparez les copies. Calculez l’empreinte sur chaque copie disponible. Celle qui correspond à l’empreinte d’origine est saine.
  3. Si une copie est saine, restaurez depuis elle, revérifiez, et consignez l’incident avec sa date et le support concerné.
  4. Si aucune ne correspond, vous avez une corruption propagée. Cherchez la copie la moins abîmée, documentez la perte, et remontez dans vos versions datées si vous en avez.
  5. Dans tous les cas, notez le support d’origine. Deux échecs sur le même disque en six mois désignent le disque, pas le hasard.

En pratique

  1. Planifiez les campagnes au lieu de les décider : ce qui dépend d’un rappel n’a pas lieu.
  2. Alternez échantillon fréquent et exhaustif annuel.
  3. Consignez les trois verdicts, y compris « non vérifiable ».
  4. N’actualisez l’horodatage qu’après un succès.
  5. Diagnostiquez avant de restaurer.
  6. Suivez les échecs par support, pas seulement par fichier.

Obscura Flow mène des audits de fixité par campagnes, distingue explicitement l’échec du non-vérifiable, échoue de façon sûre sur une erreur de calcul plutôt que de conclure au succès, et n’actualise l’horodatage de fixité qu’après un audit réussi.