Documentation

Sauvegarder sur un NAS sans perdre le fil des versions

Un NAS accumule vite trois copies du même dossier sans qu'on sache laquelle fait référence. Comment garder une trace exploitable.

Préservation

Le désordre typique

Un NAS commence proprement, puis se peuple : Reportages_2024, Reportages_2024_v2, Reportages_2024_final, Reportages_2024_final_OK. Six mois plus tard, personne ne sait lequel fait référence, et personne n’ose supprimer.

Ce n’est pas un problème de rangement. C’est un symptôme : le NAS sert à la fois de volume de travail, de sauvegarde et d’archive, sans que ces trois rôles soient distingués.

Séparer les trois rôles

  • Le volume de travail contient ce qui bouge. Il est synchronisé, rapide, et n’est pas une sauvegarde.
  • La sauvegarde contient des états datés du volume de travail, en lecture seule, avec une politique de conservation explicite.
  • L’archive contient des lots figés, documentés, avec manifeste et empreintes. On n’y écrit plus jamais.

Une seule règle suffit à tenir la distinction : on n’écrit pas dans l’archive. Un lot archivé est clos. S’il faut le corriger, on produit un nouveau lot qui remplace le précédent, sans effacer la trace.

Le versionnement, du plus faible au plus solide

  1. Les dossiers suffixés à la main. Ce que tout le monde fait, et ce qui échoue toujours : aucune date fiable, aucune politique, aucune place libérable.
  2. Les instantanés du système de fichiers. Sur un NAS en Btrfs ou ZFS, un instantané est immédiat, peu coûteux et non modifiable. C’est le meilleur rapport effort/protection disponible, et c’est souvent déjà présent sans être activé.
  3. Une sauvegarde avec conservation datée, gérée par un outil qui applique une politique — garder les sept derniers jours, les quatre dernières semaines, les douze derniers mois.
  4. Des lots archivés immuables, avec manifeste, qui ne dépendent plus d’aucune politique.

Le point aveugle du RAID

Il mérite d’être répété : le RAID n’est pas une sauvegarde. Il protège de la panne d’un disque, pas de la suppression, pas de la corruption propagée, pas du rançongiciel, pas de l’incendie. Un NAS en RAID 6 sans instantanés ni copie distante est une copie unique confortable.

En pratique

  1. Séparez physiquement travail, sauvegarde et archive — trois partages distincts.
  2. Activez les instantanés du système de fichiers, s’ils sont disponibles.
  3. Interdisez l’écriture dans l’archive, techniquement et pas seulement par convention.
  4. Nommez les lots par identifiant et date, jamais par final.
  5. Joignez un manifeste avec empreintes à chaque lot archivé.
  6. Ajoutez une copie hors site : le NAS ne survit pas au local.

Obscura Flow constitue des lots documentés avec empreintes vers un NAS comme vers un stockage objet, et permet de recontrôler l’intégrité depuis la destination — l’archive reste identifiable et vérifiable, sans dépendre d’un suffixe de dossier.