Documentation

Qu'est-ce que la fixité en préservation numérique ?

La fixité est la propriété qui permet d'affirmer qu'un fichier n'a pas changé. Comment on l'établit, et pourquoi une sauvegarde ne la garantit pas.

Préservation

Une propriété, pas un outil

En préservation numérique, la fixité désigne le fait qu’un objet numérique est resté identique à lui-même entre deux instants. Ce n’est pas une fonctionnalité de logiciel : c’est une propriété qu’on établit, qu’on documente et qu’on recontrôle.

L’affirmation utile n’est jamais « ce fichier est intact » — personne ne peut le savoir dans l’absolu. Elle est : « ce fichier est identique à ce qu’il était le 14 mars, date à laquelle j’ai enregistré son empreinte ».

Comment on l’établit

On calcule une empreinte cryptographique du fichier — en pratique une somme SHA-256 — au moment où il entre dans l’archive. C’est une chaîne de caractères de longueur fixe, dérivée de l’intégralité des octets. Changez un seul bit, l’empreinte devient méconnaissable.

Cette empreinte est conservée à côté de l’inventaire. Plus tard, on la recalcule et on compare. Deux valeurs identiques : le fichier n’a pas changé. Deux valeurs différentes : quelque chose s’est produit, et il faut aller chercher une copie saine.

Pourquoi une sauvegarde ne suffit pas

Une sauvegarde copie fidèlement ce qu’on lui donne, y compris une corruption. C’est sa fonction, et c’est aussi sa limite : elle ne porte aucun jugement sur ce qu’elle recopie.

Sans empreintes, vous découvrez le problème le jour où vous ouvrez le fichier — souvent des années plus tard, quand toutes les copies ont déjà été écrasées par la version abîmée. Avec des empreintes, vous le découvrez au contrôle suivant, alors qu’une copie saine existe encore.

Ce qu’un contrôle de fixité doit produire

  • Une date de dernier contrôle réussi, par fichier.
  • Un verdict explicite : vérifié, échec, ou non vérifiable — jamais un silence interprété comme un succès.
  • Un journal des écarts constatés, conservé même après réparation.
  • Une granularité utilisable : savoir que « l’archive a un problème » n’aide pas, savoir lequel des 40 000 fichiers a bougé, oui.

En pratique

  1. Calculez une empreinte à l’entrée de chaque fichier dans l’archive.
  2. Recontrôlez par campagnes régulières, pas seulement après un incident.
  3. Traitez un échec de calcul comme un échec, jamais comme un « rien à signaler ».
  4. Ne mettez à jour la date de dernier contrôle qu’après un audit réussi.
  5. Conservez le journal : c’est lui qui documente la santé du fonds dans le temps.

Obscura Flow calcule les empreintes à l’import, mène des audits de fixité par campagnes et n’actualise l’horodatage qu’après un contrôle réussi — un échec reste visible plutôt que d’être effacé par la vérification suivante.